Perte du "Triple A"
Publié le 16 Janvier 2012
Voir plus loin
La perte du « Triple A » fait l’actualité…, et ce n’est pas une surprise : ce qui nous arrive vient de loin. Tant de réformes bloquées (souvenons-nous de la tentative, hélas ! avortée, d’Alain Juppé), inachevées, payées le plus souvent d’une accumulation de dettes nous ont conduits là où nous sommes…, parmi nos voisins européens.
Aussi bien, une première exigence s’impose : stabiliser le poids de la dette, avant de pouvoir le réduire dans les années à venir. Pour cela, il demeure nécessaire de tailler dans nos dépenses publiques, tout en maintenant celles qui favorisent la croissance. Exercice d’autant plus difficile qu’il faudra aussi, inévitablement augmenter les recettes (TVA, CSG), au prix d’un effort collectif qu’avec d’autres je souhaite plus justement partagé (impôt sur le revenu).
Parallèlement, après l’Université et les retraites, nous
devrions mener au bout les réformes structurelles les plus porteuses
d’économies à terme, celles qui concernent l’Etat et les collectivités
territoriales, la législation du travail, les normes…. Or pour cela,
inscrire chaque mesure dans une perspective de plus long terme (10 ans
?) permettrait de redonner un sens à l’intérêt général, de fixer un cap
et de mesurer les progrès.
A l’heure où la volatilité des marchés financiers consacre le «
court-termisme » et déstabilise les économies réelles, il importe de
remettre de l’ordre dans nos idées : c’est la direction qui doit
commander la vitesse, et non l’inverse.
En replaçant l’actualité dans la durée, essayons-donc de voir plus loin.
Michel PIRON

